"C'est un incident tragique et lamentable. Une enfant est doublement victime, d'abord des auteurs du viol puis de ceux qui administrent la justice", a dénoncé le représentant de l'Unicef pour la Somalie, Christian Balslev-Olesen.
"Cet incident met en lumière la vulnérabilité extrême des filles et des femmes en Somalie", a ajouté l'Unicef, selon qui les violences liées au sexe ou au genre sont exacerbées par l'instabilité chronique du pays en guerre civile depuis 1991.
Aisha Ibrahim Dhuhulow avait été lapidée à mort la semaine dernière par une foule lors d'une exécution publique après avoir été jugée coupable d'adultère par un tribunal islamique de Kismayo, dans le sud de la Somalie.
Selon l'Unicef, la victime avait auparavant été violée par trois hommes alors qu'elle rendait visite à sa grand-mère. "Après l'agression, elle a cherché la protection des autorités, qui l'ont accusée d'adultère et condamnée à mort", a rapporté l'organisation onusienne.
La ville de Kismayo a été prise le 22 août par une coalition de combattants fidèles au leader islamiste Hassan Turki, dont le nom figure sur la liste américaine des financiers du terrorisme, et de "shebab", le principal groupe de combattants extrémistes en Somalie.
Depuis, une nouvelle administration a été mise en place dans la ville et a commencé à mettre en application une forme très stricte de la charia (loi coranique).