"Mode made in Morocco", organisé au cours du week-end dernier dans un grand hôtel de Casablanca par le magazine "Maroc Premium", a mis en avant la prolifique production de huit stylistes sous l'oeil bienveillant de Jean-Louis Scherrer, figure phare de la mode parisienne.
Lors de ce défilé, une première au royaume, la haute couture marocaine a fait preuve d'inventivité pour dépoussiérer l'habit traditionnel et même parfois s'en dégager. Salima Abdelwahad signe des vêtements urbain et "ethniques" tranchant avec avec les figures obligées du caftan ou de la djellaba.
Si les tissus gardent leur aspect traditionnel avec des broderies et des couleurs chatoyantes, les coupes sont plus modernes avec des bustiers, des jupes courtes, des habits près du corps tranchant avec l'ample caftan que les Marocaines revêtent lors des mariages et cérémonies.
Le jeune styliste Karim Tassi a présenté une collection "exotique" selon ses termes où la mini-jupe kaki se décline sous des manteaux maghrébins marrons.
"Le caftan traditionnel doit être revisité et allégé. Les créateurs doivent absolument en épurer les lignes s'ils souhaitent ouvrir le marché de la tenue traditionnelle aux femmes du monde entier", fait valoir Zahra Yaagoubi, une créatrice qui s'attache à redessiner ce vêtement.
Tous entendent toutefois utiliser les techniques ancestrales de leur pays.
"Il ne faut jamais oublier que le futur de la couture marocaine dépend aussi du travail des artisans", lance le styliste Mohammed Elamine Mrani, qui a relancé la maison de haute couture de ses arrière-grands-parents à Meknès.
"Des clients étrangers ont réservé mon studio." affirme Hind Chaouate, 28 ans, qui a ouvert en mai 2007 le premier studio de photographie de mode aux normes internationales. "C'est le moment de se positionner sur le marché marocain mais Casablanca est aussi à deux heures d'avion de Madrid ou de Paris et dans le milieu de la mode, de tels déplacements ne sont pas un obstacle", souligne-t-elle.