L’objectif était multiple nous a précisé Ahmed Moulay Douraidi, Coordinateur national des sections de l’ALCS. « D’abord il s’agissait de lever des fonds pour financer nos actions sur le terrain ». Un pari gagné puisque plus de 598 000 euros ont ainsi pu être collectés. L’autre objectif était de faire passer des messages au public. Le sensibiliser aux risques liés au VIH-SIDA, aux vecteurs de contamination. « Nous avons un grand travail d’éducation thérapeutique à mener », poursuit Ahmed Moulay Douraidi.
Et il y a urgence. Au Maroc, l’épidémie progresse. Les malades se chiffrent désormais à 2 800, selon un décompte officiel de l’ONUSIDA et du ministère marocain de la Santé. Et « 22 300 personnes (dont 95% d’hétérosexuels) vivent avec le virus du SIDA. Ils n’étaient que 14 500 en 2003 » précise Ahmed Moulay Douraidi. Plus inquiétant encore, « le Sud du pays connaît une forte poussée de la maladie, avec 29% du nombre total de cas recensés. Cela s’explique notamment par la pauvreté et par l’importante mobilité des populations locales. La prévention arrive difficilement dans cette partie reculée du Maroc. »
La multiplication du nombre de femmes contaminées enfin, est préoccupante. « De 8% en 1988, elles représentent aujourd’hui 43% du total des cas rapportés… Quant à l’usage des drogues dures injectables qui se répand dangereusement parmi les jeunes, (il) participe à la progression de l’épidémie. »