Jamila Salem : Je veux une musique qui s'installera dans le temps


Jamila Salem de son nom de famille Ben Fatah Bouziane est une voix marocaine très fière par sa force et son professionnalisme. Son père n'est autre que le Djimmy que les passionnés de musique connaissent comme l'un des pionniers de la guitare Flamenco au Maroc dans les années 60. Jamila Salem réussit à marier différents styles musicaux occidentaux et marocains pour offrir un style unique digne de la "petite Djimmy". La voilà qui nous ouvre son coeur en intimité musicale.


Jamila Salem : Je veux une musique qui s'installera dans le temps
Où Jamila Salem situe-t-elle sa personnalité musicale dans l'espace artistique marocain?
Il est encore trop tôt pour parler de personnalité musicale dans cet espace marocain tant que je n'en suis qu'à mon premier single, même si je pratique la musique depuis un peu plus de 25 ans. J'essaie d'aller doucement, pour faire un bon travail et pour avoir des bons résultats. Je veux faire une musique qui s'installera dans le temps, et non une musique jetable qui va juste distraire quelques amateurs et qui finira dans l'oubli. Alors je prends le temps de me faire un nom afin que le public s'habitue à cette nouvelle fibre qui viendra colorer et illuminer l'espace artistique marocain et africain.

Quel impact a eu Jilali Ben Salem dans la musique de sa fille?

On peut dire aussi quel impact a eu Jamila dans la musique de son père ?
Cela a toujours été dans les deux sens, nous étions père et fille, et en même temps nous formions un vrai groupe. Et pour répondre à votre question : Djimmy est mon maître spirituel, il m'a appris comme il a appris à toute une génération de jeunes musiciens marocains et étrangers à jouer de la musique. Il a inspiré des grandes vedettes de la chanson maghrébine (ex : Cheb Khaled, Faudel…). C'est un artisan de la musique très doué. Il joue pratiquement de tous les instruments. C'est un excellent professeur. Il m'a appris les secrets de cette alchimie; comment chanter, danser, composer, écrire et improviser. Il m'a initié à la guitare, m'a enseigné à maîtriser le rythme en m'apprenant à jouer des percussions. Bref, j'ai eu beaucoup de chances de l'avoir comme professeur.

Parlez-nous du groupe Les Fu-Ges

Juste après l'émission Nostalgia produite par 2M et réalisée par Rachid Nini en avril 2005, dont mon père et moi avons été le sujet, j'ai repris mes instruments et j'ai remotivé mon père pour continuer notre parcours musical, réécrire ses chansons, c'est raconter notre histoire. Suite à cela j'ai eu l'idée de créer les FU-GES qui veut dire fusion des générations ; qui dit fusion de génération peut dire aussi fusion des mentalités, des cultures et de musique. Sans la fusion des générations, nous ne pouvons pas faire de la bonne musique, surtout dans un pays où il n'y a pas vraiment des structures musicales pour jouer correctement de la musique (Conservatoire, théâtre, etc.) J'ai eu beaucoup de difficulté pour trouver des musiciens professionnels.

Les FU-GES se composent actuellement de 4 personnes Djimmy, maître spirituel, Chobane Lahcen, Professeur de guitare & de solfège au complexe My Rachid, Casablanca, Ali Nayati (joue la flûte) et écrit de la poésie, et moi même auteur compositeur et interprète.

Etes-vous satisfaite de votre carrière professionnelle ?

Je suis plutôt satisfaite de mon parcours professionnel, plus de 25 ans de musique, un parcours long et difficile mais en même temps très enrichissant. En ce qui concerne ma carrière professionnelle elle est encore dans le berceau, je viens tout juste de démarrer la sauvegarde d'un patrimoine musical que mon père m'a légué. Djimmy n'a jamais eu malheureusement les moyens pour la faire connaître au grand public. A l'heure actuelle, je suis très satisfaite de mon premier single «Majitinich». Et je travaille beaucoup pour finir mon premier album qui s'intitule «réconciliations» et que j'essaie de mettre à la disposition du public pour fin juin au plus tard.

Si vous aviez un message à lancer à tous les Marocains, quel serait ce message?
En général je n'aime pas tenir des discours moralistes, mais voilà quelques conseils que j'ai moi-même suivis et qui m'ont permis de voir la vie en rose.

Se réconcilier avec soi, avec sa famille, sa culture, la connaissance, son pays, l'environnement etc… et pour réussir tous ces ingrédients, il faut commencer par connaître sa vraie histoire afin de comprendre son présent, de manière à aspirer à un avenir meilleur pour toutes les générations futures.

Pour en savoir plus et pour écouter «Majitinich» : jamilasalem.com

Syndication EM

Jeudi 23 Août 2007


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