Asmaa Khamlichi : Il ne suffit pas d'être belle


Ella a fait 10 films dont 4 avec des rôles principaux les autres se sont des petits rôles avec des grosses productions. Traitée de la plus belle et modeste actrice du Maroc. Mais Asmaa Khamlichi est loin d’être le slogan qui dit « soit belle et tais-toi ».


Asmaa Khamlichi
Asmaa Khamlichi
On vous regardant triomphante du prix du meilleure interprétation féminine au premier festival national du Maroc, on oublie votre ancien militantisme artistique, pouvez vous nous raconter vos débuts dans le domaine ?

Le commencement a été artistique mais je dirais aussi sport parce que le sport est une forme d'expression et pour moi qui est aussi artistique malgré qu'il y a la compétition. J'ai commencé comme ça en faisant la gymnastique, j'étais dans l'équipe nationale de gymnastique au Maroc où j'ai commençais très jeune à 6ans. Après je voulais continuer surtout que la carrière d'une gymnaste est très courte ça termine à l'age de 18 ans et même des fois avant.

Après j'ai passé au plongeon comme ça a une relation avec la gymnastique et les acrobaties… j'étais une grande sportive :)

Ça durait presque 3 ans et j'ai continué à prendre des cours au conservatoire de Casablanca à l'age de 14 ans. Et comme mes entraînements commençaient à partit de 18h je préférais passer les après midi en écoutant de la musique, prenant des cours de théâtre, de chant, du piano et même des cours de danse parce que ça m'aidait pour la gymnastique… en fait j'ai goûté un peu de tous pour savoir quel chemin artistique j'allais prendre et celui qui m'a plus fasciné et dont j'étais tout de suite amoureuse c'est la danse et le théâtre.

Pourquoi ?  
J'aimais m'exprimer aussi bien avec le corps qu'avec le visage. Ça me plaisait tellement que je suis partie par la suite à Paris où j'ai pris des cours artistiques et après j'ai eu la chance de travailler avec une compagnie marocaine qui s appelle compagnie ballet théâtre zinoune pendant 10 ans et à partir de là on a tourné un peu partout en Europe et surtout en France où il y a pleine de choix pour les écoles et les formations et j'ai réussit finalement à apprendre le métier avec plein de professeurs différents.

En fin de compte, je me suis dis que je dois me consacrer à la caméra parce que le travail du jeune acteur est différent sur la scène.
 
Et comment vous avez trouve le monde de la camera ?  
Le travail sur la scène je le trouvais plus expressif avec des gestes exagérés pour que l'expectateur voit le mouvement et l'expression. Or que le cinéma avec la présence de la caméra ça devient plus discret et plus profond en même temps je ne veux pas ignorer l'importance du théâtre, surtout que tous les grands comédiens faisaient les deux en parallèle le théâtre et le cinéma.
 
Et où vous vous sentez le mieux … ?  
Personnellement je n'ai aucun problème, un jour ou l'autre je retournerai sur la scène sachant que le jeu est toujours différent. Actuellement je trouve que ce qui me convient mieux c'est le discret et pas théâtral.

Je trouve que le boulot d'un acteur est une éducation c'est comme dans une école, j'aime bien faire des remarques sur mon travail et d'améliorer mes compétences au fur et à mesure par contre si on vient de n'importe quel métier pour atterrir tout de suite sur le cinéma on aura sûrement une tête qui tourne.
Je disais que l'art est une éducation et discipline parce que ça dure et tient à long terme aussi ça encourage à s'intéresser à la qualité du travail qu'à penser à la gloire et à la reconnaissance du public alors que ça ne doit être qu'un fruit d'un travail de grande haleine.

L'acteur qui fait le théâtre n'est pas à la recherche des lumières parce que cet endroit n'a pas un grand public mais il a un public intellectuel par contre le cinéma englobe les intellectuels, les adolescents et tout un public très large.
 
Alors votre arrivée au cinéma était très normale ?  
Non ce n'est pas normal, ma rencontre avec le cinéma je l'ai provoqué depuis que j'ai vu que le cinéma marocain commence à évoluer et surtout le public marocain qui s'est réconcilié avec son cinéma et c'est un peu récent ça fait 6 ans que ça a commencés. On a beau à aller ailleurs et on retourne toujours aux racines, j'ai décidé de revenir au Maroc parce que je voulais et je veux bien faire quelque chose dans mon pays aussi bien qu'ailleurs, que les frontières n'existent pas dans notre métier.
 
Quelles ont vos petits secrets de réussite ?   
L'ingrédient de réussite pour moi c'est la persévérance, en fait aucun des métiers n'est évident même le vôtre, je ne vais pas dire que c'est plus difficile pour la femme car ça ne me pose aucun problème. Aujourd'hui je peux dire qu'une femme qui travaille durement  peut avoir sa place. La réussite d'une femme est normale quand c'est fait dans les normes artistiques et éducatives.
 
Vous avez des projets en phase de préparation ?  
Mon métier pour moi c'est une passion plus qu'un métier parce que quand on aime écrire, jouer, faire des articles on peut dépasser les obstacles et dans ce domaine il y a des hauts et des creux et aussi nous on ne provoque pas. Parce que le comédien  provoque quand il travaille, il discute avec les gens… pour quoi les festivals sont fait, c'est plutôt pour le relationnel, l'échange culturel et pour savoir qu'il y a des comédiens, des réalisateurs, des producteurs…et tous ça se rassemble et ça fait  un grand espace de rencontres.

Et maintenant j'essaye de provoquer pour avoir plus de choix pour élargir le cercle de mon travail c'est pour ça que je suis partie à Paris pour découvrir autres choses et j'ai fait 4 films en peu de temps, en 2 ans, deux films par année c'est vraiment un luxe pour le comédien même à l'étranger. Dieu Merci, j'ai eu la chance que j'ai provoquée. Mais après j'ai eu un peu de recul de moi-même, je me suis un peu retirée, je ne vais pas dire que j'ai refusé car je trouve que c'est prétentieux de dire "j'ai refusé des projets", on n'est rien pour dire "oui, moi je peux refuser" ou j'aime ce scénario ou ce film. Ce qui s'est passé, c'est un moment ou autre avec moi-même j'avais envie de me retirer pour réfléchir et continuer à m'entraîner comme au sport d'ailleurs.
En fait, mon creux n'a duré qu'une année, maintenant je reviens doucement avec des projets et si je trouve sur une dizaine ou vingtaine de projets un seul qui est bien et qui me convient je serai ravi et heureuse sinon je continue jusqu'à ce que je tombe sur celui qui me plait ou il y a le coup de foudre avec les personnages.
 
Est-ce que la réussite artistique est évidente lorsqu'on est femme marocaine ?  
Je n'ai pas trouvé beaucoup de problèmes parce que j'ai choisi de m'imposer gentiment surtout que les gens me connaissaient déjà sur scène je dis les gens professionnels peut être pas pour les médias et le public mais les professionnels m'ont vue et remarquée quand je donnais mes spectacles et c'est comme ça que je suis rentrée dans le domaine par les grandes portes… J'avoue que c'est une chance.
 
Qu'est ce que vous pensez de l'état actuel de la présence féminine dans le cinéma marocain ?

Concernant cette présence féminine je trouve que la nouvelle génération présente de plus en plus de jeunes actrices et même plus que les acteurs. Et si on veut parler de la qualité je peux dire que dans la quantité on trouve la qualité sachant que ça dépend des goûts et on ne doit pas négliger le coté commercial et marketing qui est important.
 
Les réalisateurs marocains arrivent t ils a faire sortir le potentiel artistique féminin ?
 

Plus de réalisateur connaît l'acteur plus il peut sortir de lui le maximum. Un acteur est généreux il se met nu devant, prêt à tout donner et il assume par la suite où ça passe bien et ça passe très mal.
Mais n'oublions pas que le cinéma marocain est très jeune, et on ne peut pas dire qu'on le fait pour gagner des millions comme au USA mais déjà je pense que la nouvelle génération commence à défendre son gain-pain et ça a beau améliorer par rapport à l'ancienne génération qui ont ouvert les portes pour nous.
 
Et pour les plus jeunes que vous, qu'elle est la recette à appliquer pour mieux  pratiquer son art au Maroc?
 
Pour les jeunes je dis qu'ils doivent faire des écoles, ils doivent travailler et apprendre sinon ils peuvent réussir dans un rôle ou deux mais un jour ou l'autre ça casse et ça se termine sauf s'il y a un miracle mais ça n'arrive jamais au Maroc, en France c'est un peut possible où on produit 280 films par an alors qu'au Maroc il y en a que 10 ou 14 maximum. Et je dis aussi aux jeunes qu'ils doivent s'instruire et comprendre le métier pour ne pas perdre du temps. Le jour où on comprend on gagne et on peut aller plus vite.
 
On connaît bien de vous une estime très spéciale pour les grands acteurs du pays et du monde, pourquoi vous vous arrêtez longuement sur leurs expériences? 
 
Ce sont c'est gens là qui m'ont donné l'envie d'essayer et j'ai regardé comment ils gèrent leurs carrières et surtout leurs efforts et méthodes qu'ils améliorent par leurs expériences il ne suffit pas d'être belle il faut que la personne possède une profondeur ça sera mieux, c'est fini aujourd'hui « soit belle et tais-toi » 

Tarik Essaadi - Yasmina

Mardi 04 Décembre 2007


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